Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 13:55

Chers lecteurs,

 

 

2012 est l'année du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie et une bonne partie de mon roman s'y déroule à Oran, au Sahara, àTipasa...

 

Cet ouvrage est désormais disponible sous forme numérique, si vous souhaitez  vous le procurer voici un lien:

 

http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9782748358476

 

 

Bien à vous,

Marc Charlier dit Marc Hauteclair

Par yogi - Publié dans : littérature - Communauté : algerie
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 13:51

A l’abordage !

 

 

Mon grand-père avait cessé son activité de fermier, dans un hangar reposait un vieux chariot en chêne, bien vite je le transformais en scène de mes « exploits ».

Il devenait un vaisseau anglais qu’avec Surcouf  nous prenions à l’abordage.

 

A cette époque j’avais dix ans et déjà lu et relu les  trois fabuleux albums relatant les exploits du célèbre corsaire malouin écrits par Victor Hubinon et Jean Michel Charlier publiés chez Dupuis.

 

Ces images en tête j’escaladais les grandes roues du char, le sabre entre les dents pour pourfendre les infâmes mangeurs de rosbif. J’arrivais sur le pont et chargeais aux cris de « tue ! tue ! » aux côtés de mon idole.

 

Les hurlements des assaillants étaient, conformément aux livres, ponctués de dialogues non sous-titrés : « prends cela chien ! », « en garde sale goton » ou encore « bien le bonjour en enfer chien de Français ! Auquel on répliquait par  

« fais tes commissions toi-même en le pourfendant »

 

Pour assurer le réalisme des duels mes deux mains maniaient les sabres qui s’entrechoquaient. Assez rapidement nous étions maîtres du navire et essoufflés.

Surcouf, Napoléon des sept mers, me tirait l’oreille et nous buvions un verre de tafia.

 

Les temps on changé depuis : comme André Maurois ( l’écrivain ) j’aime désormais beaucoup l’Angleterre . Hélas le combat naval, comme les autres formes de guerre, reste une ignoble boucherie mais cela un enfant de dix ans n’y pense pas !

Par yogi - Publié dans : littérature - Communauté : petite histoires
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 14:56

Cours du soir

 

 

Agé entre huit et seize ans j’habitais une maison proche de mon école. Cet Athénée abritait aussi une « école industrielle » où se donnaient aussi des « cours du soir » maintenant appelés cours de promotion sociale.

 

Un de mes oncles et un cousin de ma mère, tous deux régents littéraires, y enseignaient, ce qui leur procurait aussi une petite visite hebdomadaire à la maison .Ils buvaient une tasse de café et échangeaient les nouvelles familiales avec mes parents. J’étais fort attentif à leurs propos et admirais ces deux professeurs. Le cousin de ma mère avait été lieutenant aux « Chasseurs Ardennais » et avait combattu en 1940 avant de connaître une éprouvante captivité, sa conversation était agréable et spirituelle, mon oncle me racontait des anecdotes concernant son enseignement.

 

En quatrième gréco-latine notre professeur d’Anglais,  « le grand Georges », était remarquable, tout se faisait en anglais et à la fin du cours je connaissais déjà la leçon car je suivais ses conseils : constamment penser en Anglais, répondre mentalement à toutes les questions posées aux condisciples. Le cours était une conversation durant laquelle notre maître introduisait progressivement notions et nouveau vocabulaire. Il nous proposa très vite de compléter notre formation en suivant les cours qu’il donnait à l’école du soir.

 

Ce fut pour nous une expérience enrichissante : pendant deux profiter de quatre heures d’Anglais au lieu de deux auprès d’un professeur exceptionnel mais aussi se retrouver dans une classe où se côtoyaient jeunes et adultes des deux sexes, ouvriers et bourgeois.

Je ne remercierai jamais assez le « grand Georges » pour son enseignement, même si lorsque j’organisais un chahut à la récré il était le premier à sanctionner les fauteurs de troubles, nul n’est parfait.

 

Bien plus tard,à mon retour d’Algérie, le tout premier poste que j’obtins fut celui de chargé de cours, du soir, en littérature scientifique, dans une école de bibliothécaires documentalistes où j’eus le bonheur de contribuer à l’ascension professionnelle de mes étudiants.

Par yogi - Publié dans : littérature - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 11:58

Barcelone

 

 

C’est le nom du café de référence dans une charmante cité mosane, actuellement il est devenu café-restaurant tout en conservant son attrait.

 

Quand j’étais enfant mon père, en rentrant du travail, y faisait une escale quotidienne pour quelques parties de cartes avec ses partenaires habituels dont Tintin le légendaire cordonnier, André un sympathique fonctionnaire du fisc aux cheveux gominés comme le coureur cycliste Raymond Impanis.

 

La boutique de Tintin, bon artisan, était remplie du sol au plafond de chaussures à réparer et aurait pu servir de modèle pour l’accumulation du courrier en retard de Gaston (encore un tout grand merci à Monsieur Franquin pour tous les bons moments qu’il nous a offerts, mes petits –enfants s’en amusent déjà ! ).

Néanmoins les clients finissaient par récupérer leurs chaussures soigneusement révisées.

 

Le service était assuré par René, un monsieur aimable , efficace, réservé et d’une courtoisie assez britannique. A lui seul il incarnait une bonne part du charme discret et chaleureux de l’établissement.

 

Quand j’avais le bonheur d’y accompagner mes parents, je  jouais aux dames avec mon condisciple , petit-fils du patron qui remportait généralement les parties tandis que je sirotais mon « parasol », délicieuse limonade à l’orange.

 

L’éventail des boissons était très large, beaucoup d’entre elles ont hélas disparu :

le dubonnet, le coupé-menthe, la fine à l’eau, la bière Dortmund, le café filtre…

 

Cette énumération me donne soif et aussi l’envie de me replonger dans l’ambiance des « Maigret » !

Par yogi - Publié dans : littérature - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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Mercredi 30 novembre 2011 3 30 /11 /Nov /2011 11:33

 

 

La bonne auberge

 

 

Je devrais plutôt dire ,les bonnes auberges de jeunesse en voici quelques échantillons.

 

A 17 ans j’ai parcouru le Sud de l’Angleterre en auto-stop, comme nous portions notre uniforme scout mon copain Henry et moi étions facilement chargés au pays de Baden Powell en 1963. Notre budget était limité donc nous profitions du réseau des A J.

 

J’accumulais les grandes premières : mythique traversée en bateau d’Ostende à Douvres, escale à Canterbury (cf le billet « le moine de Canterbury ») et déjà Londres où nous logions à l’auberge de Highgate Hill au nord de la ville. La visite de cette métropole dura trois jours , nous allions d’un émerveillement à l’autre.

 

Malgré les  leçons remarquables de mon prof d’anglais, mon langage était encore lacunaire et quand le père aubergiste me proposa un matin comme « duty » (petit travail contribuant à la bonne marche de l’établissement) « washing up » je ne compris pas et aimablement on me conduisit devant le bac à vaisselle.

 

Les prix des restaurants ou même des repas pris à l’auberge étaient  coûteux, désormais nous y prenions le copieux petit déjeuner (english breakfast) et le soir nous étions « self cookers » dans la cuisine mise à la disposition des voyageurs.

C’est ainsi que je découvris les côtes d’agneau , les petits pois anglais baignant dans leur jus verdâtre, le cheddar et les fromages de Nouvelle Zélande.

 

Le soir nos conversations étaient internationales, à Londres, une soirée mélangeait Anglais, Français, Allemands et Belges discutant du Marché Commun et de l’avenir de l’Europe. Les continentaux faisaient bloc quand un Anglais glissa judicieusement : « C’est très bien votre Europe mais pour vous comprendre entre-vous vous avez besoin de l’anglais » (c’était à l’époque du veto du Général de Gaulle à l’entrée du Royaume Uni dans le marché commun)

 

Nous dormions dans des dortoirs à lits superposés, une nuit un petit anglais s’amusait à insulter un de ses copains qui flegmatiquement à chaque quolibet répondait « so you » (toi-même)

 

 

 

 

En Cornouailles, à Penzance, je tombais amoureux d’une jeune infirmière anglaise et blonde , elle servit de modèle pour le personnage d’Angy dans mon roman « 109 rue de Mostaganem ». Je pensais ne plus la revoir mais à l’étape suivante, Tintagel (proche du château du Roi Arthur) je la retrouvai et nous passâmes la soirée en jouant aux cartes, ce fut hélas notre dernière rencontre.

 

Plus tard dans un autre voyage nous logions à Luxembourg, nous avons passé la soirée avec des scouts allemands mélangeant français, allemand et anglais. Je leur expliquai laborieusement, dans notre conversation, le jeu de mot « la pipe du papa du pape Pie pue » qui les amusa.

Plus tard, tout le monde dormait, quand soudain un jeune allemand s’écria « la pipe du papa…. » et se mit à rire, c’était Helmut qui avait enfin compris !

 

Presque vingt plus tard, avec la Gazelle, nous avions décidé de montrer Londres à nos enfants. Nous logions à l’auberge de  Earls Court, assez proche du métro et du centre,  dans un dortoir comportant juste six lits ce fut une découverte pour les enfants et une joie pour leurs parents.

 

 

 

 

 

Par yogi - Publié dans : littérature - Communauté : Les nouvelles au fil des jours
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